Kigelia africana (Lam.) Benth. / Arbre à Saucisses, connu en français sous le nom d’arbre à saucisses et présent dans de nombreuses régions d’Afrique, est un arbre de la famille des Bignoniaceae décrit à l’origine par Jean-Baptiste Lamarck, au XVIIIe siècle, sous le nom de Bignonia africana, puis transféré dans le genre Kigelia par George Bentham en 1849. Les grands fruits allongés qui pendent de ses branches, semblables à des saucisses, ont donné son nom à l’espèce, qui occupe une place de choix dans la médecine traditionnelle africaine et entre dans de nombreuses préparations de phytothérapie à base d’écorce, de feuilles et de fruit transformé.

La tradition herboriste africaine confère à l’arbre à saucisses un rôle important dans la prise en charge de diverses affections, avec des applications qui vont des troubles gastro-intestinaux aux affections inflammatoires et aux problèmes de peau. Sa composition phytochimique, riche en phénols, en flavonoïdes et en iridoïdes, est associée aux activités antibactérienne, anti-inflammatoire et antioxydante observées dans des études de laboratoire, et la recherche moderne examine plusieurs de ces usages traditionnels, même si la confirmation par des essais cliniques chez l’être humain reste limitée. Avant tout usage, il faut savoir que le fruit cru est toxique et purgatif, raison pour laquelle la tradition ne l’emploie qu’une fois séché, fermenté ou rôti.
Noms Populaires et Internationaux
- Français : arbre à saucisses, faux baobab, saucissonnier.
- Anglais : cucumber tree, sausage tree, sausagetree.
- Espagnol : árbol de las salchichas, salchichas.
- Portugais : árvore-da-salsicha, árvore das salsichas, árvore-talismã, quigélia.
- Italien : albero dei salami, albero delle salsicce.
- Allemand : Leberwurstbaum.
Synonymes Botaniques de l’Arbre à Saucisses
Kigelia pinnata (Jacq.) DC. est le synonyme botanique le plus connu de Kigelia africana et apparaît encore souvent dans la littérature consacrée à la plante ; ce nom, proposé par Augustin Pyramus de Candolle, reflète l’histoire taxonomique complexe de l’espèce. Parmi les autres synonymes répertoriés figurent Bignonia africana Lam., Crescentia pinnata Jacq., Kigelia abyssinica A. Rich., Kigelia acutifolia Engl. ex Spreng., Kigelia aethiopica Decne., Kigelia aethiopum (Fenzl) Dandy, Kigelia elliottii Sprague, Kigelia elliptica Sprague, Kigelia impressa Sprague, Kigelia spragueana Wernham, Kigelia talbotii Hutch. & Dalziel, Kigelia tristis A. Chev., Sotor aethiopium Fenzl et Tanaecium pinnatum (Jacq.) Willd. Cette multiplicité de noms accompagne la vaste répartition géographique de l’arbre et les variations morphologiques observées entre des populations de différentes régions africaines.
Famille Botanique : Bignoniaceae
La famille des Bignoniaceae réunit un groupe varié de plantes à fleurs, arbres, arbustes et lianes, largement répandues dans les régions tropicales et subtropicales. Ses espèces portent généralement de grandes fleurs voyantes, souvent en forme de trompette, et des fruits capsulaires ou ligneux, et Kigelia africana, avec ses fleurs et ses fruits reconnaissables entre tous, en est l’un des exemples les plus connus. Les Bignoniaceae comptent des espèces d’importance ornementale, forestière et médicinale, cette dernière étant liée à la présence de divers composés bioactifs.
Parties Utilisées de l’Arbre à Saucisses
- Écorce
- Feuilles
- Fruits (uniquement séchés, fermentés ou rôtis, jamais crus)
- Graines (torréfiées)
- Racines
L’écorce du tronc et le fruit transformé concentrent l’essentiel des préparations traditionnelles et des études phytochimiques, tandis que les feuilles, les racines et les graines interviennent dans des usages plus ponctuels. En raison de sa toxicité, le fruit n’est jamais employé cru, ni par voie orale ni sur la peau.
Usages Ethnobotaniques et Traditionnels
Les relevés ethnobotaniques rassemblent des usages très variés pour l’arbre à saucisses, qui vont de l’alimentation à la fabrication d’ustensiles. Les usages liés à la santé énumérés ci-dessous décrivent la pratique traditionnelle de communautés africaines et n’équivalent pas à une indication médicale avérée.
- Affections inflammatoires (psoriasis, rhumatismes)
- Alimentation (fruits rôtis ; feuilles comme fourrage pour les animaux)
- Boisson alcoolisée (fruit séché fermenté)
- Cicatrisation des plaies et des ulcères
- Cosmétiques (fruit séché en poudre, pour garder la peau lisse)
- Hémorroïdes
- Maladies de peau (eczéma, furoncles, infections bactériennes et fongiques)
- Maux de tête
- Morsures de serpent (usage traditionnel rapporté ; toute morsure de serpent exige une prise en charge d’urgence)
- Paludisme (usage traditionnel rapporté ; la maladie exige un diagnostic et un traitement médicaux)
- Syphilis (usage traditionnel rapporté, sans appui clinique)
- Troubles gastro-intestinaux (diarrhée, dysenterie, dyspepsie, maux d’estomac)
- Troubles gynécologiques et mammaires
- Troubles rénaux
- Ustensiles et construction (bois pour arcs, pirogues, combustible et meubles)
Propriétés Thérapeutiques de l’Arbre à Saucisses
Les propriétés suivantes résument ce que la tradition et les études précliniques attribuent à l’arbre à saucisses, et la plupart proviennent d’essais en laboratoire et chez l’animal, encore sans confirmation par des essais cliniques chez l’être humain.
- Analgésique (soulagement de la douleur rapporté dans l’usage traditionnel)
- Antibactérienne (activité contre les bactéries observée en laboratoire)
- Antidiarrhéique (usage traditionnel en cas de diarrhée)
- Antidyspeptique (usage traditionnel en cas de mauvaise digestion)
- Antifongique (activité contre les champignons observée en laboratoire)
- Anti-inflammatoire (effet observé dans des études de laboratoire)
- Antioxydante (activité observée lors d’essais en laboratoire)
- Antipaludique (activité évaluée dans des études préliminaires)
- Antiparasitaire (usage traditionnel rapporté, avec des études préliminaires)
- Antiproliférative (activité observée dans des études de laboratoire, sans confirmation clinique)
- Cicatrisante (usage traditionnel sur les plaies, avec des études préliminaires in vitro)
- Hypoglycémiante (baisse de la glycémie observée dans des études chez l’animal, sans confirmation clinique)
Profil Phytochimique Détaillé de l’Arbre à Saucisses
Les analyses phytochimiques de l’arbre à saucisses, menées surtout sur les fruits et l’écorce du tronc, ont mis en évidence une grande variété de classes de composés, énumérées ci-dessous. Les flavonoïdes, les naphtoquinones et les tanins hydrolysables, comme les gallotanins et les ellagitanins, figurent parmi les groupes les plus cités dans les études sur les activités biologiques de la plante.
- Acide Palmitique
- Acides Gras Insaturés
- Acides Phénoliques
- Alcanes
- Coumarines
- Diterpènes
- Ellagitanins
- Esters
- Flavonoïdes (6-Hydroxylutéoline, Lutéoline, Quercétine et leurs glycosides)
- Gallotanins
- Iridoïdes
- Isocoumarines
- Lignanes
- Naphtoquinones (dont des naphtoquinones monoterpénoïdes)
- Phénols
- Quinones
- Stérols (Bêta-sitostérol)
- Triterpènes
Formes de Préparation et d’Administration de l’Arbre à Saucisses
Dans la tradition africaine, chaque partie de la plante se prépare à sa manière selon l’usage prévu, et le fruit passe toujours par un séchage, une fermentation ou une torréfaction avant toute application. Les principales formes répertoriées sont les suivantes.
- Cataplasme et compresse
- Décoctions
- Extraits (aqueux, méthanoliques, huileux)
- Fermentation (pour des boissons, avec le fruit séché)
- Infusions
- Poudre (d’écorce, de feuilles, de fruits séchés, de graines)
Les extraits méthanoliques cités dans la littérature sont des préparations de laboratoire destinées à la recherche et n’ont aucun usage domestique, car le méthanol est toxique pour la consommation humaine.
Synergie avec d’Autres Plantes Médicinales
La recherche sur la synergie de Kigelia africana avec d’autres plantes médicinales reste limitée, même si la phytothérapie traditionnelle associe volontiers des plantes aux propriétés complémentaires. Compte tenu des activités anti-inflammatoire, antibactérienne et antioxydante décrites en laboratoire, l’arbre à saucisses pourrait, en théorie, être associé à des plantes cicatrisantes ou antiseptiques dans des préparations pour la peau, ou à des plantes carminatives et antispasmodiques en cas d’inconfort digestif, mais les études évaluant ces associations font défaut.
Parmi les rares associations déjà examinées, une étude menée chez des rats diabétiques a évalué l’effet combiné de l’arbre à saucisses et de Garcinia kola, graine connue en anglais sous le nom de bitter kola, sur les taux d’insuline et sur l’enzyme paraoxonase 1. Un autre travail, réalisé uniquement en laboratoire, a analysé la cytotoxicité d’extraits combinés de Kigelia africana et de Spathodea campanulata, le tulipier du Gabon, une autre Bignoniaceae africaine. Il s’agit de résultats expérimentaux, sans application clinique établie, et toute association doit se faire avec prudence et sous l’encadrement d’un professionnel de santé, surtout chez les personnes qui prennent des médicaments contre le diabète.
Recettes et Protocoles d’Utilisation
Cataplasme Traditionnel pour les Affections Cutanées
Ingrédients : écorce ou feuilles fraîches de Kigelia africana et eau filtrée. Le fruit cru n’entre pas dans cette préparation.
Préparation : Broyez l’écorce ou les feuilles fraîches jusqu’à obtenir une pâte homogène, en ajoutant un peu d’eau si nécessaire pour la lier. Avant la première utilisation, testez la pâte sur une petite zone de peau et attendez quelques heures pour écarter toute irritation. Dans la tradition africaine, la pâte est appliquée sur les plaies superficielles, les ulcères, l’eczéma ou le psoriasis, recouverte d’un linge propre et laissée en place de 30 minutes à 1 heure, deux fois par jour, pour favoriser la cicatrisation et apaiser l’inflammation. Les plaies profondes, étendues ou présentant des signes d’infection nécessitent un avis médical et ne doivent pas recevoir de cataplasme maison.
Infusion Traditionnelle pour les Troubles Gastro-Intestinaux
Ingrédients : une petite quantité d’écorce séchée ou de feuilles séchées de Kigelia africana et de l’eau bouillante, dans une proportion définie avec un professionnel de santé.
Préparation : Dans la tradition africaine, l’écorce ou les feuilles séchées infusent dans l’eau bouillante, récipient couvert, pendant 10 à 15 minutes, puis la boisson est filtrée et bue tiède en cas de diarrhée, de dysenterie et de maux d’estomac. Faute de données de sécurité suffisantes sur l’usage interne de la plante, la quantité et la fréquence ne doivent pas être fixées de sa propre initiative : consultez donc un professionnel de santé avant toute utilisation. Une diarrhée persistante, sanglante ou accompagnée de fièvre exige un avis médical, et le fruit ne doit jamais entrer dans cette préparation.
Masque pour le Visage à la Poudre de Fruit Séché
Ingrédients : 1 cuillère à soupe de poudre de fruit séché de Kigelia africana, déjà transformé selon la méthode traditionnelle, et de l’eau de rose ou de l’hydrolat d’hamamélis.
Préparation : Mélangez la poudre avec l’eau de rose ou l’hydrolat d’hamamélis jusqu’à obtenir une pâte souple, et faites d’abord un test sur une petite zone de peau. Appliquez sur le visage propre en évitant le contour des yeux, laissez poser 15 à 20 minutes et rincez à l’eau tiède. La tradition emploie ce masque pour garder la peau lisse, et les activités antioxydante et anti-inflammatoire observées en laboratoire aident à comprendre l’intérêt cosmétique suscité par la plante. Ne remplacez jamais la poudre transformée par le fruit frais, qui peut irriter la peau et provoquer des cloques.
Les préparations ci-dessus suivent des usages traditionnels et ne remplacent pas un avis professionnel. Avant tout usage interne, consultez les contre-indications et interactions décrites dans cet article.
Thérapies Associées
Phytothérapie Clinique
En phytothérapie clinique moderne, Kigelia africana suscite l’intérêt pour les propriétés pharmacologiques observées dans des études précliniques, et des extraits standardisés du fruit et de l’écorce sont étudiés en vue de mettre au point des formulations topiques et orales. En pratique, les préparations à usage topique sont employées en appoint dans les affections inflammatoires de la peau, comme l’eczéma et le psoriasis, et dans la cicatrisation des plaies, en s’appuyant surtout sur l’usage traditionnel et sur des résultats de laboratoire. L’activité antiproliférative de la plante est également étudiée sur des cellules tumorales, mais il n’existe aucune indication clinique dans le cancer, et tout usage par des personnes suivant un traitement oncologique doit être discuté avec l’équipe médicale. La prescription doit être individualisée, en tenant compte de la composition phytochimique complexe de la plante et des interactions possibles avec d’autres médicaments.
Homéopathie
Kigelia africana, également citée sous le nom de Kigelia pinnata, ne figure pas parmi les remèdes homéopathiques les plus connus, et son emploi dans cette pratique est peu documenté, avec des mentions de préparations destinées aux affections cutanées et inflammatoires. L’homéopathie repose sur le principe de similitude, selon lequel une substance capable de provoquer des symptômes chez une personne en bonne santé serait utilisée à doses infimes pour des symptômes semblables chez une personne malade. En raison de l’usage traditionnel de la plante dans les problèmes de peau, un remède homéopathique qui en serait dérivé pourrait être envisagé dans ce domaine, mais les recherches et la validation clinique qui étayeraient cette application font défaut.
Contre-Indications et Effets Secondaires de l’Arbre à Saucisses
Toxicité du Fruit Cru
Le fruit cru de Kigelia africana est toxique et purgatif lorsqu’il est consommé sans transformation et peut provoquer des cloques sur la langue et sur la peau, c’est pourquoi la tradition africaine ne l’utilise qu’après l’avoir séché, fait fermenter ou rôti. Le fruit ne doit jamais être consommé cru. L’application topique du fruit cru peut aussi provoquer une irritation et la formation de cloques sur la peau, de sorte que les préparations à usage externe doivent suivre les méthodes traditionnelles de transformation, jamais l’application directe du fruit frais, non transformé.
Contre-Indications Générales
Les personnes présentant une allergie connue aux plantes de la famille des Bignoniaceae doivent éviter Kigelia africana, en raison de la possibilité de réactions allergiques, et la prudence recommande de consulter un médecin avant un usage régulier, en particulier pour les personnes sensibles à d’autres plantes. La présence de maladies graves, comme le paludisme, la syphilis et les morsures de serpent, parmi les usages traditionnels de la plante n’autorise pas à y recourir à la place du diagnostic et du traitement médical de ces affections. Les personnes diabétiques doivent également faire preuve de prudence, car des études chez l’animal ont observé une baisse de la glycémie.
Grossesse, Allaitement et Enfants
Les données sur la sécurité de Kigelia africana pendant la grossesse et l’allaitement sont insuffisantes et, en l’absence d’études concluantes, l’usage de la plante n’est pas recommandé chez la femme enceinte ou allaitante. En raison de ce même manque de données, l’usage interne n’est pas indiqué non plus chez l’enfant, et dans tous ces cas il faut consulter un professionnel de santé avant d’envisager toute préparation à base d’arbre à saucisses.
Interactions Médicamenteuses
La composition phytochimique complexe de Kigelia africana laisse supposer un potentiel d’interactions médicamenteuses, car des composés comme les coumarines et les flavonoïdes peuvent influencer le métabolisme des médicaments, en particulier des anticoagulants, des hypoglycémiants et d’autres médicaments qui dépendent du système du cytochrome P450. Les patients qui prennent un traitement de façon régulière doivent demander l’avis d’un médecin ou d’un pharmacien avant de commencer à utiliser la plante, afin d’éviter des interactions indésirables.
Curiosités et Faits Historiques
Origine du Nom
Le nom du genre Kigelia vient de kigeli-keia, un nom bantou employé au Mozambique, ce qui souligne l’origine africaine de la plante. Les noms populaires « arbre à saucisses » et, en anglais, « cucumber tree » (arbre à concombres) font quant à eux directement allusion aux grands fruits allongés qui pendent des branches de façon singulière. En afrikaans, la plante s’appelle worsboom, qui signifie lui aussi « arbre à saucisses », tandis que son nom arabe peut se traduire par « le père des sacs », autre allusion à la forme des fruits.
Signification Culturelle et Spirituelle
Kigelia africana revêt une profonde signification culturelle et spirituelle pour de nombreuses communautés africaines, qui la considèrent comme un arbre sacré. Ses fruits sont vendus sur les marchés locaux comme talismans, réputés porter chance dans diverses situations, ce qui souligne l’importance de la plante non seulement comme ressource médicinale, mais aussi comme élément central des traditions et de la spiritualité de nombreux peuples du continent.
Usage Ancestral du Bois
Des vestiges archéologiques mis au jour à Kalambo Falls, en Zambie, ont révélé l’usage très ancien du bois de Kigelia africana pour fabriquer des outils. Ces découvertes, datées de 390 000 à 324 000 ans, comprennent des coins, des bâtons à fouir, des bûches coupées et des branches entaillées, et témoignent à la fois de la polyvalence et de la durabilité de ce bois et de la longue histoire des relations entre l’être humain et cet arbre depuis la préhistoire.
Questions Fréquentes sur l’Arbre à Saucisses
Le Fruit de l’Arbre à Saucisses Est-Il Comestible ?
Le fruit cru de Kigelia africana est toxique et purgatif et ne doit jamais être consommé dans cet état. Les graines sont traditionnellement consommées après torréfaction et, dans certaines cultures africaines, le fruit séché est mis à fermenter pour produire des boissons alcoolisées, comme la muratina, boisson traditionnelle du Kenya, un procédé que la tradition juge nécessaire pour rendre le fruit propre à la consommation.
Peut-On Appliquer le Fruit Cru Directement sur la Peau ?
Non, car l’application topique du fruit cru peut provoquer une irritation et la formation de cloques sur la peau, et les préparations à usage externe doivent suivre les méthodes traditionnelles de transformation, comme l’emploi du fruit séché en poudre. Avant d’appliquer toute nouvelle préparation, faites un test sur une petite zone de peau.
L’Arbre à Saucisses Peut-Il Être Utilisé pour les Problèmes de Peau ?
La médecine traditionnelle africaine applique des extraits de Kigelia africana sur la peau en cas de plaies, d’ulcères, d’eczéma, de psoriasis, de furoncles et d’infections fongiques et bactériennes, et des études de laboratoire ont observé des activités anti-inflammatoire, antibactérienne et cicatrisante qui aident à comprendre cet usage. Les essais cliniques confirmant l’efficacité chez l’être humain font encore défaut, et le fruit cru ne doit jamais être appliqué directement sur la peau.
Quels Sont les Principaux Composants Actifs de Kigelia africana ?
Kigelia africana renferme une grande diversité de composés phytochimiques, parmi lesquels des acides gras insaturés, des alcanes, des coumarines, des diterpènes, des esters, des iridoïdes, des phénols, des quinones, des stérols comme le bêta-sitostérol et des triterpènes. Des flavonoïdes comme la 6-hydroxylutéoline, la lutéoline et la quercétine, ainsi que des naphtoquinones, des gallotanins et des ellagitanins, comptent aussi parmi les composants les plus étudiés et sont associés aux activités biologiques décrites pour la plante.
L’Usage de Kigelia africana Est-Il Contre-Indiqué dans Certains Cas ?
Oui, et la principale contre-indication tient au fruit cru, qui est toxique et ne doit jamais être consommé ni appliqué directement sur la peau. Les personnes allergiques aux plantes de la famille des Bignoniaceae doivent éviter la plante et, faute de données de sécurité, son usage est déconseillé pendant la grossesse, l’allaitement et, par voie interne, chez l’enfant. La plante peut aussi interagir avec des médicaments comme les anticoagulants et les hypoglycémiants, c’est pourquoi il convient de consulter un professionnel de santé avant d’en commencer l’usage.
Que Disent les Études sur Kigelia africana et le Cancer ?
Des études de laboratoire menées avec des extraits des fruits et de l’écorce du tronc ont observé une activité antiproliférative sur des lignées de cellules tumorales, attribuée en partie à des composés comme les gallotanins et les ellagitanins. La recherche en est encore à un stade précoce, sans confirmation par des essais cliniques, et ces résultats ne justifient pas l’usage de la plante comme alternative au traitement oncologique.
Avertissement: ce contenu est informatif et ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé. Consultez un médecin ou un phytothérapeute avant d’utiliser des plantes médicinales, notamment pendant la grossesse, l’allaitement ou en cas de prise de médicaments.
Références et Études Scientifiques
- PMC2022 Assanti G, et al. Biology, chemistry, and pharmacological activity of Kigelia africana (Bignoniaceae) and Garcinia kola (Clusiaceae) – a review. J Med Act Plants. 2022.
- PMC2016 Bello I, et al. Kigelia africana (Lam.) Benth. (Sausage tree): Phytochemistry and pharmacological review of a quintessential African traditional medicinal plant. J Ethnopharmacol. 2016.
- PMC2020 Nabatanzi A, et al. Antioxidant and Anti-Inflammatory Activities of Kigelia africana (Lam.) Benth. Evid Based Complement Alternat Med. 2020.
- PMC2020 Nabatanzi A, et al. Ethnobotany, Phytochemistry and Pharmacological Activity of Kigelia africana (Lam.) Benth. (Bignoniaceae). Plants (Basel). 2020.
- PMC2026 Nabatanzi A, et al. Cytotoxicity and synergistic anticancer activity of Kigelia africana (Lam.) Benth. and Spathodea campanulata P. Beauv. polyherbal extracts. Sci Rep. 2026.
